Conceptions d’apprentissage
Les travaux des philosophes contemporains de l’éducation nous incitent à penser que c’est l’élève qui construit son savoir : c’est le modèle constructiviste de l’apprentissage, dont on peut dégager quelques caractéristiques.
L’élève apprend en agissant : ainsi, on peut penser que l’action, en mathématiques, c’est la résolution de problèmes.
Compte tenu de son passé scolaire et de son vécu socio-culturel, l’élève a des connaissances et des conceptions qui doivent être prises en compte pour tout apprentissage nouveau.
Un élève ne peut résoudre un problème que s’il se l’est approprié. Lorsque le problème devient le sien, il y a dévolution du problème.
L’élève cherche à résoudre un problème à partir de ses propres connaissances et conceptions qui peuvent parfois devenir des obstacles.
Apprendre, c’est alors dépasser ces obstacles.
Toute connaissance nouvelle oblige à repenser ses savoirs et à les réorganiser. Cela passe par une phase de déstabilisation, de doute pour l’élève.
Au cours de cette phase de doute, les connaissances de l’élève le conduisent à des résultats contradictoires. Il n’est plus en mesure de valider ses productions, remet en question ses connaissances antérieures, provoquant ainsi un conflit cognitif.
Le conflit peut être favorisé si la situation d’apprentissage permet une contradiction au sein d’un groupe. On parle alors de conflit socio-cognitif.
Selon les méthodes d’enseignement, le conflit cognitif, ou socio-cognitif, est plus ou moins favorisé.
Dans les cours magistraux, par exemple, il est laissé à l’initiative des apprenants. Il suffit aux bons élèves d’un contre-exemple pour provoquer un questionnement. Pour les autres, il faut d’autres expériences personnelles qui n’ont pas réussi, pour qu’il y ait réellement apprentissage d’une connaissance nouvelle.
Certains enseignants mettront en place, par exemple, des situations-problèmes, qui sont des situations d’apprentissage provoquant une déstabilisation afin de pouvoir dépasser les obstacles.
Il est clair que la décomposition en éléments simples d’une connaissance complexe ne favorise pas l’acquisition. Un problème complexe n’est pas la réunion de problèmes simples. Sa résolution nécessite des compétences mathématiques, certes, mais également des compétences transversales.
C’est au sujet lui-même qu’il revient de décomposer une situation complexe et de relier par le raisonnement et l’imagination, voire la création, les éléments simples qui le composent entre eux.